Parcours de femmes 1GM

Des mines de fond aux mondanités, visages de femmes.

  • L’héroïne de Loos (62) Mademoiselle Emilienne MOREAU, fille de mineur.

Elle est née le 4 juin 1898 à Wingles, village de cultivateurs et de mineurs. Elle va observer l’exode du 4 octobre 1914, les combats de cavalerie, les journées d’angoisse et de contact avec l’allemand (occupation du 4 octobre au 25 septembre 1915), tout ceci de la fenêtre de son grenier. En effet, la vue embrasse Lens, Vermelles, Hulluch, la cote 70 dans le Pas-de-Calais. Le Petit Parisien publie « Mes mémoires » qu’elle raconte à la suite de la grande guerre. (une partie lisible sur Gallica BnF)

En 1915, pour ses actes de bravoure du 25 septembre, en aidant les Anglais face à l’occupant allemand lors de la bataille de Loos-en Gohelle, elle reçoit:

– la Croix de guerre par le général de SAILLY à Versailles, citation à l’ordre de l’armée par le général FOCH.

Elle reçoit aussi en 1916:

– la médaille militaire britannique de sir Douglas HAIG

– la décoration Royale de la Croix-Rouge de S.M. le roi George V

– la médaille de Saint-Jean de Jérusalem

Sources le Petit Parisien, le Miroir, sur Gallica BnF

Emilienne se marie le 3 mai 1917 à Wingles (62) avec François Auguste Joseph FOURNIER. Elle est connue aussi pour son mariage et son parcours avec le militant socialiste EVRARD Just.

Elle obtient la carte du combattant en juillet 1931. Son action militante se poursuit ensuite lors de la seconde guerre mondiale.

Emilienne MOREAU héroïne de Loos (62) 1GM

Emilienne MOREAU héroïne de Loos, source Gallica BnF

 

  • Madame Jacques LIOUVILLE, anglaise de nationalité

Elle est née Rosemonde de LAFONT-EDWARDS, fille d’officier anglais.

Elle apparaît dans l’ « annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l’Europe » en 1929, comme ayant un fils d’un premier mariage avec M. de BELLEVILLE.

Son nom apparaît aussi dans le « Tout-Paris » ; annuaire de la Société parisienne en 1926, épouse du Dr Jacques LIOUVILLE, premier directeur de l’Institut scientifique chérifien de Rabat.

En 1917, « Le Figaro » titre son encart dans « le Monde et la Ville » : renseignements mondains. Madame LIOUVILLE est alors remerciée et décorée de

-la Croix de guerre, avec citation à l’ordre de la région du Nord, pour l’œuvre qu’elle a créé à Hazebrouck (59) « les enfants de la Lys ». Elle a aussi obtenu :

-la Médaille d’or des épidémies, la plus haute récompense du service de santé.

-la Royal Red Cross  en 1918 par le Gal GUISE-MOORES, directeur du service de santé de l’armée britannique (décoration Royale de la Croix-Rouge reçue aussi par Emilienne MOREAU)

Infirmière-major à l’hôpital civil d’Hazebrouck, voici le texte de la citation :

« Depuis mars 1915, près du front, consacre sa vie aux blessés civils de guerre, les soustrait au danger et leur assure les soins, s’occupe plus spécialement des enfants qu’elle retire des zones exposées au feu de l’artillerie et place dans des familles. Les 22 juillet et 13 décembre 1915 a pris part à des évacuations périlleuses, sous de violents bombardements ; les 10,11 et 13 mai 1917, a assuré les évacuations de nombreux civils blessés pendant le bombardement d’un village. » La citation comporte l’attribution de la Croix de guerre, avec étoile en vermeil (corps d’armée).

Source L’action française, Gallica BnFVoir aussi : Les enfants de la Lys AD62

Madame LIOUVILLE décorée Hazebrouck (59) octobre 1918

Rosemonde LIOUVILLE dans la cour de l’hôpital détruit d’Hazebrouck (Source BDIC)

Mme LIOUVILLE a fondé à Hazebrouck, l’ « oeuvre des Enfants de la Lys », qui recueillait et abritait les enfants des villes bombardés, le long de la Lys, notamment d’Houplines, Armentières, Nieppe, Bailleul, La Gorgue, Estaires, etc. Ces enfants ont d’abord été transférés de la région d’Hazebrouck où ils étaient placés dans des familles, à Ebblinghem, situé plus en arrière. Après la Bataille de la Lys d’avril 1918, les petits ont été mis à l’abri et les parents informés que leurs enfants avaient été évacués à Villeneuve-sur-Lot, dans le Lot-et-Garonne, chez Mme LEYGUES, femme du ministre de la Marine, une autre femme à l’honneur! (In Bulletin des réfugiés mai 1918)

A partir d'un portrait, Marie mon arrière grand-mère

Marie ROUSSEL, 1929, La Gorgue.

Aucune médaille, même pas celle de la famille, pourtant fréquente au début du 20è siècle, un fils vivant, un mort-né …puis la maladie.

J’honore donc sa mémoire pour son parcours de vie bien difficile. Elle a vécu une partie de ce que raconte Emilienne MOREAU dans ses mémoires, l’invasion allemande, les fracas d’obus, l’occupation, l’évacuation avec son enfant et d’autres « enfants de la Lys » issus de sa famille.

Quant à Madame LIOUVILLE, organiser le placement et la vie des enfants, comme elle l’a fait, sans trop les éloigner des familles est louable.

Voilà pour ce parcours de femmes, se sont-elles croiser ?

  • Henriette DUBAR, l’autre arrière grand-mère côté maternel, qui fera l’objet d’un article séparé. Elle a obtenue la médaille d’or de la famille française.
Henriette DUBAR 1914 -18 La Gorgue (59)

Henriette DUBAR tenant la main de ma grand-mère Henriette REGNIER, Le Nouveau Monde La Gorgue (59)

 

Sources: Gallica BNF – AD62

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Publié dans Histoires du Pas-de-Calais 14-18
One comment on “Parcours de femmes 1GM
  1. heatherannej51 dit :

    Il est louable que vous nous éclairer sur ces femmes … trop sont oubliés aujourd’hui.

    Aimé par 1 personne

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